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Roger Grand

1874-1962

 

SISS et SESS

 

Roger Grand

(3 septembre 1874, Châtellerault-26 mai 1962, Paris)

 

Dernier président de la SISS (1933-1944)

et premier président de la SESS (1945-1956)

Issu d’une famille de fonctionnaires -son père est contrôleur principal des Contributions directes- , Roger Grand est un homme de l’Ouest, très attaché, par sa mère, née Jego, à la Bretagne. Il reçoit une formation  polyvalente qui explique, en partie, ses intérêts et objets de recherche ultérieurs. Après des études secondaires à Nantes, il prépare une licence en droit à l’Université catholique d’Angers (1892) qu’il termine à la Faculté de Paris (1895). Parallèlement, il suit les cours de l’Ecole du Louvre et, surtout, est admis à l’Ecole des Chartes (1893). Archiviste-paléographe, il est nommé aux Archives départementales du Cantal (1898), puis en Loire-Inférieure (1903). Mais, bientôt, il démissionne pour raisons de santé (1904), se consacrant, dès lors, à la gestion d’un domaine agricole situé à Arradon (Morbihan) où il s’est installé, tout en poursuivant ses recherches historiques. En 1900, il épouse Henriette Depiot, fille d’un ancien magistrat et ancien bâtonnier du barreau d’Angoulême.

 

Cette résidence bretonne n’est pas un repli. Elle répond, chez Roger Grand, à une conception de la vie où activité intellectuelle et action pratique se marient nécessairement. Homme de contact, Grand multiplie engagements et interventions dans les sociétés savantes, locales et nationales, mais aussi dans le syndicalisme agricole. Appelé, en 1919, à la chaire d’histoire du droit français et du droit canonique de l’Ecole des Chartes (où il succède à Paul Viollet), il entame une carrière de professeur qui se terminera en 1941. Aux Chartes, il marque plusieurs promotions d’élèves (comme R. Delatouche, R. Pernoud, F. Jouon des Longrais, S. Duparc) par sa capacité à rendre vivante et intelligible l’histoire du droit en replaçant les faits juridiques dans leurs temps. A sa grande érudition professionnelle, il joint une ouverture à d’autres spécialités comme l’histoire de l’art et la science sociale. Il a aussi une expérience de praticien du monde agricole car il est resté exploitant agricole et devient un dirigeant d’envergure nationale de sa corporation. Président de la Chambre d’agriculture du Morbihan et de l’Union des syndicats agricoles de Bretagne méridionale (1927), il est élu à la tête de l’Union nationale des syndicats agricoles (1934). Il met à profit ces fonctions pour intervenir dans les débats sur la réforme de l’Etat et élaborer une théorie de la corporation agricole. Parallèlement, il fait une brève incursion en politique comme sénateur du Morbihan (1927-1932).

 

Inlassable chercheur, il est aussi une figure majeure de plusieurs institutions scientifiques en histoire du droit (Revue française d’histoire du droit, Société d’histoire du droit), en archéologie (Société d’archéologie, Société des antiquaires) et en sciences sociales (Société internationale de science sociale qu’il préside à partir de 1933), dans le cadre desquelles il publie ses travaux. Durant la guerre, ses compétences et ses sympathies pour l’action du Maréchal Pétain lui valent d’être nommé à l’éphémère Conseil national. Il en résultera une « mise en quarantaine » à la Libération. Ecarté, tant par l’âge que par cet épisode, de toute  fonction pratique, Grand se consacre alors entièrement à la recherche, publiant ses œuvres majeures qui lui valent d’être élu à l’Académie des inscriptions et belles lettres (1954).

 

Jusqu’à la fin, il manifeste sa polyvalence animant la Société d’économie et de science sociales qu’il rapproche de l’Institut international de sociologie, sans renoncer à l’étude de l’architecture bretonne ou l’histoire des villes, son domaine de prédilection.

 

 

Bibliographie :

 

« Les chartes de franchise de Laroquebrou (1281-1282) et Conros (1317) », Bulletin historique et philologique, 1902, p. 197-228

 

Contribution à l’histoire du régime des terres. Le contrat de complant depuis les origines jusqu’à nos jours, Paris, L. Tenin, 1917, 147 p.

 

L’Histoire du droit français, ses règles, sa méthode, son utilité, Paris, Recueil Sirey, 1920. In-8, 32 p.

 

Un mode de tenure traditionnel. Le Domaine congéable et ses répercussions sociales en France, Paris, libr. de Paris Firmin-Didot et Cie, éditeurs, 1925, 8 p. Extrait de La Science sociale, Bulletin. 3e période. 2e livraison.

 

La Force paysanne, le rôle moral et social de l’agriculture, Rapport présenté à l’Assemblée générale des agriculteurs de France le 20 janvier 1931, Paris, Union centrale des syndicats des agriculteurs de France, impr. de M. Pigelet, 1931, 24 p.

 

Les Paix d’Aurillac, étude et documents sur l’histoire des institutions municipales d’une ville à consulat, XIIe-XVe siècle, Paris : Librairie du Recueil Sirey, 1945, CCXX-447 p., fig., pl.

 

(avec Raymond Delatouche), L’agriculture au moyen-age de la fin de l’Empire romain au XVIe siècle, Paris, E. de Boccard, 1950, 740 p.

 

Une race, un château : Anjony, au pays des montagnes d’Auvergne, Paris : A. et J. Picard ; (Aurillac : Impr. moderne), 1951, 205 p., fig., pl., portr., plans, armoiries, couv. ill.

 

L’Art Roman en Bretagne, A. et J. Picard, 1958, X-494 p., figures, planches h.t.

 

 

Voir aussi :

 

Antoine Savoye, « Roger Grand, un chartiste à la jonction de l’histoire du droit et de la science sociale », Les Etudes Sociales, n° 135-136, 2002, p. 247-276.